Montjoie et Saint-Denis! Charles à la rescousse!

(Alexandre Dumas, Charles VII, IV, 4.)

Voir aussi François Coppée et Armand d’Artois, La Guerre de cent ans, prologue, sc. 10, et II, 8.

Ainsi présentée, cette locution «ne signifie rien», déclare Littré.

Le vrai cri de guerre de nos pères était Mont-joie, ou bien Mont-joie Saint-Denis. «La Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement, la Mont-joie, était le nom de la colline près Paris où saint Denis subit le martyre; ainsi dite, parce qu’un lieu de martyre était un lieu de joie pour le saint qui recevait sa récompense. La Mont-joie Saint-Denis signifie la Mont-joie de saint Denis, selon l’ancienne règle qui rendait le génitif latin par le cas oblique.» Etc. (Littré, art. Mont-joie). Ce sont les nécessités de notre prosodie, l’élision de l’e final de Mont-joie, qui a contraint les poètes à vicier cette locution et à en faire un non-sens.

En parlant de Napoléon, dans Les Deux Iles (Odes et Ballades, III, 6, p. 154), le poète émet cette curieuse réflexion ou supposition, que Dieu a fait naître et mourir Napoléon sur «deux îles isolées»,

Afin qu’il pût venir au monde

Sans qu’une secousse profonde

Annonçât son premier moment,

Et que sur son lit militaire,