(Ruy Blas, IV, 3.)
Annibal n’a jamais pris Rome.
Un journaliste d’origine espagnole, Angel de Miranda, a jadis relevé (dans Le Gaulois, février 1872; article reproduit dans Le Voleur, 1er mars 1872, p. 139-140) un assez grand nombre d’erreurs et de bévues commises par Victor Hugo dans son Ruy Blas. Comme ces critiques sont très spéciales et relatives seulement à la vie et aux usages ibériens, je me borne à signaler cet article, rédigé sous forme de lettre à l’insigne maestro.
Dans Les Burgraves (I, 2), la barbe de l’empereur Frédéric Barberousse ne laisse pas de nous émerveiller:
Sa barbe, d’or jadis, de neige maintenant,
Faisait trois fois le tour de la table de pierre.
C’est par erreur qu’on a attribué à Victor Hugo et à ses Burgraves ce drolatique hémistiche:
... Il sortit de la vie
Comme un vieillard en sort.
Victor Hugo était le premier à rire de cette plaisanterie, et, quand elle survenait, ne manquait jamais de riposter: