Etc., etc.
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Dans le roman Han d’Islande (chap. 12, p. 116; Hetzel-Quantin, s. d., in-16) on rencontre un singulier quiproquo provenant — chose fréquente dans notre langue — de l’emploi d’un pronom:
«Il se fit un moment de silence. Ordener, qui s’était levé de table, prêt à défendre le prêtre, le rompit le premier.»
Le silence, et non le prêtre (substantif immédiatement précédent), j’imagine.
«Tous les bossus vont tête haute, tous les bègues pérorent, tous les sourds parlent bas,» assure Victor Hugo, dans Notre-Dame de Paris (Livre VI, chap. 1; t. I, p. 232; Hachette, 1858).
Un des personnages de ce même roman, la Rémoise Mahiette, estime que «vingt ans, c’est la vieillesse pour les femmes amoureuses» (Livre VI, chap. 3; t. I, p. 249); ce qu’on ne laissera pas, même à Reims, de trouver quelque peu exagéré.
«J’ai le bonheur de passer toutes mes journées, du matin au soir, avec un homme de génie qui est moi, et c’est fort agréable», nous déclare plaisamment plus loin (Livre X, chap. 1; t. II, p. 190), le poète Pierre Gringoire.
Gœthe, que Sainte-Beuve, à maintes reprises, proclame «le roi de la critique», «le plus grand des critiques» (Causeries du lundi, t. III, p. 42; t. XV, p. 368; etc.), ne pouvait — chose étrange et qui ne fait pas honneur à sa judiciaire, — souffrir Notre-Dame de Paris. «Il ne m’a pas fallu peu de patience pour supporter les tortures que m’a données cette lecture, avoue-t-il à son disciple Eckermann (Conversations de Gœthe, t. II, p. 303; Charpentier, 1863). C’est le livre le plus affreux qui ait jamais été écrit.» Etc. Ce chef-d’œuvre le déroutait complètement; c’était trop différent d’Homère et des anciens.
Nous avons vu d’autre part (p. 61) Victor Hugo se montrer aussi peu mesuré et aussi peu équitable envers Voltaire, dont il rangeait les tragédies «parmi les œuvres les plus informes que l’esprit humain ait jamais produites». Ici, Gœthe s’est, non moins injustement, chargé de la réplique. Mais il convient d’ajouter que Victor Hugo a plus d’une fois varié d’opinion sur Voltaire, et même sur les tragédies de Voltaire: voir notamment, dans Littérature et Philosophie mêlées, l’étude Sur Voltaire, datée de décembre 1823, où on lit (p. 294, édit. Hachette, 1859): «... Quant à ses tragédies, où il se montre réellement grand poète, où il trouve souvent le trait du caractère, le mot du cœur», où il a «tant d’admirables scènes», etc.