«... Il me montrait les stalles (dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle) en me disant avec gravité: — Voici les places des chamoines. — Ne pensez-vous pas que cela doive s’écrire chats-moines

«... Quant au capitaine Lasoupe, je lui suppose quelque parenté avec le duc de Bouillon.» (Ibid.)

«... L’excellent vin de Moselle qu’un Français appelait du vin de demoiselle.» (Ibid., t. I, p. 111, lettre 10.)

«... Un commis marchand, colporteur d’étoffes, déclarant avec un gros rire que, comme il n’avait pu placer ses échantillons, il voyageait en vins (en vain).» (Ibid., t. III, p. 81-82, lettre 32.)

Dans divers endroits de son ouvrage Le Rhin, Victor Hugo se déclare l’adversaire du système décimal: «... Ce pied de roi, ce pied de Charlemagne, que nous venons de remplacer platement par le mètre, sacrifiant ainsi d’un seul coup l’histoire, la poésie, et la langue à je ne sais quelle invention dont le genre humain s’était passé six mille ans et qu’on appelle système décimal.» (Ibid., t. I, p. 93; lettre 9; — voir aussi t. II, p. 2; lettre 20.)

Dans La Légende du beau Pécopin (Le Rhin, t. II, p. 43-107; lettre 21), déjà mentionnée par nous ([p. 102]), nous retrouvons plusieurs de ces longues énumérations de termes rares et bizarres, chères à Victor Hugo: énumération d’oiseaux: «le rosmar, le râle-noir, le solendguse, les garagians semblables à des aigles de mer, les queues de jonc,» etc. (Ibid., t. II, p. 70); — énumération de chiens (Ibid., t. II, p. 77), puis de chasseurs célèbres et de boissons: arack, pamplis, pechmez, etc. (Ibid., t. II. p. 90.)

Dans le tome III (p. 56, lettre 29): «A Ligny-en-Barrois... petite ville ravissante à voir... il y a une jolie rivière et deux belles tours en ruine.» L’auteur a vu double: il n’y a, à Ligny, qu’une seule tour en ruine, la tour dite de Luxembourg.

«La cathédrale de Bâle... badigeonnée en gros rouge (sic), non seulement à l’intérieur, ce qui est de droit, mais à l’extérieur, ce qui est infâme.» (Ibid., t. III, p. 86, lettre 33.) Il est à remarquer que beaucoup d’églises de cette région (Vosges, Alsace et Suisse du Nord) sont construites «en grès rouge» (Guide Joanne, Les Vosges, p. 294; Hachette, 1887): ce rouge est leur couleur naturelle.

«Il y avait... les trois îles Baléares.» (Ibid., t. III, p. 157, Conclusion). Les îles Baléares sont au nombre de six au moins: Majorque, Minorque, Formentera, Iviça, Cabrera et Conejera.

Et cette conclusion du Rhin (XVII, t. III, p. 234): «La paix perpétuelle a été un rêve jusqu’au jour où le rêve s’est fait chemin de fer et a couvert la terre d’un réseau solide, tenace et vivant. Watt est le complément de l’abbé de Saint-Pierre.» Hélas! jusqu’à présent, l’avenir a donné un terrible démenti à ce beau et généreux pronostic. Au lien de servir la paix, de la fortifier et de la consacrer, chemins de fer, télégraphie avec ou sans fil, aérostats, avions, automobiles, etc., toutes les découvertes de la chimie et de la mécanique, toutes les inventions scientifiques, tous les progrès n’ont fait que travailler pour la guerre et la rendre plus sanglante et plus abominable. Mais nous espérons bien qu’il n’en sera pas toujours ainsi, et que ce règne de la barbarie aura une fin.