Dans un de ses récits de Voyages (Pyrénées, Autour de Pasages [Pasajes], p. 214; Charpentier, 1891), Victor Hugo dépeint «trois jeunes filles, les jambes dans l’eau jusqu’aux genoux... L’une d’elles, continue-t-il, est une vieille femme. Les deux autres...», etc.

Dans son volume Choses vues (p. 10; Charpentier, 1888), Victor Hugo nous raconte que, durant les émeutes d’avril 1834, comme il passait devant un poste de garde nationale et avait sur lui un volume des Mémoires du duc de Saint-Simon, il fut l’objet d’une étrange et, peu s’en fallut, tragique confusion: «J’ai été signalé comme un saint-simonien, et j’ai failli être massacré.»

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Nombre de discours et surtout de lettres de Victor Hugo ont fait sensation en leur temps et même sont demeurés célèbres, d’ordinaire par leurs antithèses redoublées, par leurs formules concises et lapidaires, et le plus souvent par leurs exagérations et leur emphase.

«... Après avoir bu jusqu’à la lie toutes les agonies de la proscription...», lit-on dans le discours prononcé par Victor Hugo à Jersey, sur la tombe de Jean Bousquet. (Actes et Paroles, Pendant l’exil, 1853-1861, p. 60.)

«... Mais vos polices vous rassurent. Le coup d’État a dans sa poche le vieil œil de Vidocq et voit le fond des choses avec ça.» (Ibid., Lettre à Louis Bonaparte, p. 155.)

Tel que l’exécuteur frappant à votre porte,

Le tonnerre demande à parler à quelqu’un.

(Actes et Paroles, Pendant l’exil, 1862-1870, Mentana, p. 125.)

«Certes, nous sommes bien accablés, écrit Victor Hugo aux femmes de Cuba en 1870 (Ibid., p. 191-192); vous n’avez plus que votre voix, et je n’ai plus que la mienne; votre voix gémit, la mienne avertit. Ces deux souffles, chez vous le sanglot, chez moi le conseil, voilà tout ce qui nous reste. Qui sommes-nous? La faiblesse. Non, nous sommes la force. Car vous êtes le droit, et je suis la conscience. La conscience est la colonne vertébrale de l’âme,» etc.