Et aux marins de la Manche (Ibid., p. 214): «... L’océan est inépuisable et vous êtes mortels, mais vous ne le redoutez pas; vous n’aurez pas son dernier ouragan, et il aura votre dernier souffle,» etc.
Aux rédacteurs du journal La Renaissance (1872) (Actes et Paroles, Depuis l’exil, 1871-1876, p. 37): «Courage! vous réussirez. Vous n’êtes pas seulement des talents, vous êtes des consciences; vous n’êtes pas seulement de beaux et charmants esprits, vous êtes de fermes cœurs.»
Aux obsèques de George Sand (1876) (Ibid., p. 151): «Je pleure une morte, et je salue une immortelle. Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée; aujourd’hui, dans l’auguste sérénité de la mort, je la contemple. Je la félicite parce que ce qu’elle a fait est grand, et je la remercie parce que ce qu’elle a fait est bon.» Etc.
Aux obsèques de Louis Blanc (1882) (Ibid., 1881-1885, p. 27): «Honorons sa dépouille, saluons son immortalité. De tels hommes doivent mourir, c’est la loi terrestre; et ils doivent durer, c’est la loi céleste. La nature les fait, la république les garde. Historien, il enseignait; orateur, il persuadait; philosophe, il éclairait. Il était éloquent, et il était excellent.» Etc.
Au banquet du 81e anniversaire de la naissance de Victor Hugo (Ibid., p. 35): «... Je vous remercie tous, mes chers confrères. Et dans le mot confrères il y a frères.»
C’est au banquet du Cinquantenaire d’Hernani que Victor Hugo fut, pour la première fois, salué du nom de Père (père intellectuel). C’est Émile Augier qui porta ce toast: «Au Père» (Ibid., 1876-1880, p. 129), et ce nom a été repris plus d’une fois et appliqué au grand poète, notamment par Jules Claretie, aux obsèques de Victor Hugo: «... Le monde célèbre et pleure l’Immortel, la littérature française le Maître, la Société des gens de lettres le Père.» (Actes et Paroles, Depuis l’exil, 1881-1885, p. 119.)
«J’applaudis des deux mains,» lit-on dans une lettre de Victor Hugo, mentionnée dans Le Voleur du 28 février 1879 (p. 141). «Je voudrais bien savoir, demande le rédacteur en chef de ce journal, comment M. Victor Hugo s’y prendrait pour applaudir d’une seule main.»
«Vous ne vous nommez pas Bataille, mais Victoire!» écrit notre grand poète au romancier et auteur dramatique Charles Bataille (1831-1868), qui venait de faire jouer sa pièce L’Usurier de Village. A quoi Bataille, prenant mal le compliment, répliqua poste pour poste: «Vous vous trompez, cher Maître; c’est ma cuisinière qui se nomme Victoire.» (Jules Levallois, Mémoires d’un critique, p. 200; — et Lucien Rigaud, Dictionnaire des lieux communs, p. 325.)
En acceptant la présidence d’honneur des funérailles de Garibaldi, Victor Hugo télégraphie à la famille du défunt: «C’est plus qu’une mort, c’est une catastrophe! Ce n’est pas l’Italie qui est en deuil, ce n’est pas la France, c’est l’humanité. La grande nation pleure le grand patriote, séchons les larmes. Il est bien où il est. S’il y a un autre monde, ce qui est deuil pour nous est fête pour lui.» Etc. (Le Voleur, 9 juin 1882, p. 366-367.)
Et, à un candidat à la députation, ce laconique billet, que La Palisse aurait pu signer: «Mon cher X..., vous voilà sur les rangs: c’est bien. Vous serez nommé: c’est mieux.» (Revue bleue, 24 février 1883, p. 249.)