Un autre...
«Les passants ne regardent les chiens que quand ils aboient, et on veut être regardé,» a observé Voltaire. (Dialogues et Entretiens philosophiques, XI, M. l’intendant des menus... Œuvres complètes, t. VI, p. 76; édit. du journal Le Siècle.)
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Les décadents ont été généralement jugés comme des farceurs, des «fumistes», — c’est le mot employé, — qui, ne sachant comment attirer l’attention du public, se sont avisés de le mystifier. Ils n’ont, pour ainsi dire, fait que mettre en pratique les conseils ou remarques de nombre de philosophes ou de moralistes:
«Obscurcissez! Obscurcissez!» répétait sans relâche à ses disciples un sophiste de l’antiquité. Et il n’était content d’eux que lorsqu’il ne comprenait rien à leurs compositions». (Cf. Dussault, dans Gustave Merlet, Tableau de la littérature française [1800-1815], t. III, p. 61.)
«Ils (les lecteurs) concluront la profondeur de mon sens, par l’obscurité.» (Montaigne, Essais, III, 9; t. IV, p. 135, édit. Louandre.)
«Rien ne persuade tant les gens qui ont peu de sens, que ce qu’ils n’entendent pas.» (Cardinal de Retz, Mémoires, t. II, p. 522; édit. des Grands Écrivains.)
«Le commun des hommes... admire ce qu’il n’entend pas.» (La Bruyère, Caractères, De la chaire, p. 404; édit. Hémardinquer[33].)
«Quand je lis quelque chose et que je ne l’entends pas, je suis toujours dans l’admiration.» (Destouches, La Fausse Agnès, I, 2.)
«Un écrivain n’est réputé sérieux qu’à la condition d’ennuyer, et beaucoup doivent leur réputation à ceci: qu’on aime mieux les admirer que les lire.» (Alexandre Dumas fils, La Vie à vingt ans, p. 65; M. Lévy, 1856.)