«Les ombres des arbres mettaient de grandes taches diffuses...» (Les Frères Zemganno, p. 10.)
«Un rayon, filtrant par une fente mal jointe, mettait une danse poussiéreuse...» (Ibid., p. 49.)
Etc., etc.
Au lieu de mettre, des écrivains emploient volontiers, dans ce cas, le verbe jeter: «Une cravate en soie rouge jette une note grave sur la blancheur de la flanelle.» (Cf. Revue bleue, 10 mars 1883, p. 315.) Nous avons vu, dans le chapitre consacré à Champfleury (p. 209), «un parfum de miroton qui jetait sa note intense...»
Peu d’écrivains, tout en croyant avoir grand souci de la langue, ont plus mal écrit que les Goncourt, plus émaillé leur prose de barbarismes et de pataquès. «L’épithète rare, voilà la marque de l’écrivain,» assurent-ils. (Journal, t. III, p. 32.) Aussi font-ils peu de cas du style de Flaubert: «Au grand jamais il (Flaubert) n’a pu décrocher une de ces osées, téméraires et personnelles épithètes; il n’a jamais eu que les épithètes excellemment bonnes à tout le monde.» (Ibid., t. VI, p. 289.)[48]
Les Goncourt, eux, l’un ou l’autre ou l’un et l’autre, écrivent:
«Ce coquetage, qui m’insupportait autrefois...» (Ibid., t. IV, p. 163.)
«La canonnade qui ne décesse pas... La fusillade ne décesse pas...» (Ibid., t. IV, p. 171 et 313.) («Décesser, barbarisme populaire qui se dit au lieu de cesser, et qui est une grosse faute.» Littré.)
«Le mot dont il s’est toujours rappelé...» (Ibid., t. VII, p. 87.) Pour qu’il s’est toujours rappelé.
«Brébant me cause de mon livre.» (Ibid., t. VI., p. 314.) «Daudet me cause de la misère...» (Ibid., t. VII, p. 205.) Pour: me parle ou cause avec moi.