«Et la morne désolation de ce lendemain n’était pas le nuage qui met au front de la femme une contrariété de la vie, et qui se dissipe dans un peu de nervosité batailleuse, mais était un sombre et momentané désenchantement de l’existence, le repliement lassé d’une créature sur elle-même, avec ce temps d’arrêt du travail sourieur de la cervelle et de l’enfantement continu des projets et des châteaux en Espagne, qui ne cesse que dans cette sorte d’ennui et dans le sentiment de la mort.» (La Faustin, p. 172-173.)
«Parmi les gens à imagination, je suis étonné combien il leur manque le sens de l’art, la vue compréhensive des beautés plastiques, et, parmi ceux qui ont cela, je suis étonné combien il leur manque l’invention, la création...» (Goncourt, Journal, 7 mai 1878; t. VI, p. 22.)
«Les vrais connaisseurs en art sont ceux que la chose, que tout le monde trouvait laide, ont fait accepter comme belle...» (Id., ibid., 30 juin 1881, t. VI, p. 154.)
«... Cette danse n’a rien de gracieux, de voluptueux, de sensuel; elle consiste tout entière dans des désarticulations de poignets, et elle est exécutée par des femmes dont la peau semble de la flanelle pour les rhumatismes, et qui sont grasses d’une vilaine graisse de rats nourris d’anguilles d’égouts.» (Id., ibid., 24 mai 1889; t. VIII, p. 55.)
Et cet homme «maigre et long», qui a des «jambes de pétrin phtisique». (Les Frères Zemganno, p. 151.)
Nul peut-être plus que les Goncourt n’a abusé du verbe mettre appliqué à un objet immatériel ou inanimé:
«Une lampe allumée mettait un brasier de feu d’or...» (Madame Gervaisais, p. 164.)
«... Le visage de la Faustin se détacha avec une toute petite touche carrée de vive lumière sur le front, avec une petite ligne de lumière humide au bord de la paupière inférieure et mettant un éclair mouillé dans le bas de la prunelle, avec une cédille de lumière...» (La Faustin, p. 174.)
«Des lampes... mettent un peu de rougeoiement sur la table.» (La Fille Élisa, p. 6.)
«La lampe de l’escalier mettait sur l’humidité des murs un ruissellement rougeoyant.» (Ibid., p. 94.)