Émile Zola, au dire du moins d’Edmond de Goncourt (Journal des Goncourt, 15 juillet 1891; t. VIII, p. 257), estimait que «la clarinette est l’instrument qui représente l’amour sensuel, tandis que la flûte représente tout au plus l’amour platonique».
Les mots saleté, sale, salir, se retrouvent souvent dans les livres d’Émile Zola, regardé comme le chef de l’école naturaliste. «Cette chose laide et sale qui se nomme la politique.» (Une Campagne, p. 318.) «Elle se croyait salie d’une tache si ineffaçable...» (Madeleine Férat, p. 210; Charpentier, 1892.) «Tu ne dois pas salir nos tendresses.» (Ibid., p. 221.) «... Pour y trouver un sale plaisir...» (Madeleine Férat, p. 224.) «... Un besoin de sales débauches...» (Ibid., p. 236.) «... La salir de sa bave...» (Ibid., p. 261.) «Elle comptait que ses saletés suffiraient.» (Ibid., p. 268.) «Ah! que de saletés!» (Ibid., p. 390.) Etc.
«Je suis une force», cette fière et habituelle déclaration de plusieurs personnages d’Émile Zola, de Saccard (Cf. Renée, pièce en cinq actes, p. 47, 49...), de Rougon (Cf. Son Excellence Eugène Rougon, p. 85, 86...), est aussi une des expressions fréquentes du maître romancier. (Cf. Naïs Micoulin p. 67, 125...)
***
Nous avons cité le fameux sonnet des voyelles d’Arthur Rimbaud (p. 137):
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,
Etc., etc.
On pourrait rapprocher de ces vers la musique des liqueurs de J.-K. Huysmans (1848-1907), les comparaisons faites par son héros Des Esseintes (A rebours, p. 63; Charpentier, 1884), des alcools et liqueurs avec les divers instruments de musique:
«Chaque liqueur correspondait, selon lui (Des Esseintes), comme goût, au son d’un instrument. Le curaçao sec, par exemple, à la clarinette, dont le chant est aigre et velouté — le kummel, au hautbois, dont le timbre sonore nasille; — la menthe et l’anisette, à la flûte, tout à la fois sucrée et poivrée, piaulante et douce; tandis que, pour compléter l’orchestre, le kirsch sonne furieusement de la trompette; le gin et le whisky emportent le palais avec leurs stridents éclats de pistons et de trombones, l’eau-de-vie de marc fulmine avec les assourdissants vacarmes des tubas, pendant que roulent les coups de tonnerre de la cymbale et de la caisse frappés à tour de bras, dans la peau de la bouche, par les rakis de Chio et les mastics.
«Il pensait aussi que l’assimilation pouvait s’étendre, que des quatuors d’instruments à cordes pouvaient fonctionner sous la voûte palatine, avec le violon représentant la vieille eau-de-vie, fumeuse et fine, aiguë et frêle; avec l’alto simulé par le rhum plus robuste, plus ronflant, plus sourd; avec le vespétro déchirant et prolongé, mélancolique et caressant comme un violoncelle; avec la contre-basse, corsée, solide et noire comme un pur et vieux bitter. On pouvait même, si l’on voulait former une quintette, adjoindre un cinquième instrument, la harpe, qu’imitait, par une vraisemblable analogie, la saveur vibrante, la note argentine, détachée et grêle du cumin sec.