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A propos de la phrase du chapeau, de l’académicien Patin, nous avons cité (p. 84) une rugueuse et interminable phrase de Léon Cladel (1834-1892), qui est d’ailleurs coutumier du fait. Si laborieux et méticuleux qu’a été cet écrivain, si épris qu’il fut des qualités du style, il n’en a pas moins commis — lui qui a tant peiné sur sa prose — quantité de lourdes, rocailleuses et surtout très longues phrases, que je ne puis évidemment songer à reproduire ici: ce serait trop fastidieux pour le lecteur, et ces phrases grossiraient démesurément mon volume. Je me borne à en indiquer quelques-unes:
Dans Raca (Paul des Blés, nouvelle, p. 163-164): «D’un geste très net, très résolu, tranchant comme un glaive, il me marqua combien grande était, contre les classes dirigeantes, moins jalouses, selon lui, de trouer les rangs...» (40 lignes.)
Même ouvrage (même nouvelle, p. 146-147): «Et pendant les trois ou quatre hivers qui précédèrent celui de 1870-71, dont les frileux ont gardé la mémoire et les autres aussi, c’est lui, que...» (26 lignes.)
Dans Les Va-nu-pieds (p. 210-211; Charpentier, 1881): «Ici, des bouts de papiers gras, effilochés...» (41 lignes.)
Même ouvrage (p. 288-289): «Aller, apprenti, la canne à la main et la besace au dos...» (27 lignes.)
Dans Quelques Sires (Histrion, nouvelle, p. 289-290): «Kalgrèsbi, le dernier Pierrot, qui tant de fois aux Funambules...» (22 lignes.)
Dans Kerkadec, garde-barrière (dédicace, p. 3-8; Delille et Vigneron, 1884), une phrase qui n’a pas moins de cinq pages, 85 lignes tout d’une traite.
Etc., etc.
Voici maintenant quelques plaisantes rencontres de mots de Léon Cladel: