Ponson du Terrail se plaisait à invoquer les anges dans ses romans. Nous lisons, dans un de ses plus dramatiques feuilletons, Les Compagnons de l’Épée, suivis de La Dame au gant noir, des phrases comme celles-ci:
«Marguerite, dit enfin Gontran, vous êtes un ange, et vous demeurerez ange jusqu’à l’heure où Dieu, par les mains d’un prêtre, aura fait de vous ma femme: regardez-moi comme votre frère.» (Les Compagnons de l’Épée, 1re partie, chap. 32; dans le journal Le Voleur, 1er avril 1859, p. 339, col. 2.)
«Vous êtes bonne, dit-il, noble et bonne comme les anges, Dieu vous récompensera.» (Ibid., 2e partie, chap. 1; ibid., 8 avril 1859, p. 355, col. 2.)
«Ah! enfant, murmura-t-il, Dieu m’est témoin que je vous aime aussi ardemment que les anges peuvent aimer Dieu.» (Ibid., 3e partie, Épilogue; ibid., 5 août 1859, p. 213, col. 3.)
«Et tandis qu’au fond de son âme il adressait à Dieu une dernière prière... il prit dans ses bras l’ange de la réconciliation, dont la voix pure et virginale,» etc. (Ibid., p. 214, col. 1.)
«J’admets donc que vous m’aimez... — Ah! dit-il, comme les anges aiment Dieu!» (La Dame au gant noir, 2e partie, chap. 6; ibid., 17 février 1860, p. 244, col. 2.)
Dans ce même roman, Les Compagnons de l’Épée (1re partie, chap. 22; Le Voleur, 4 mars 1859, p. 277, col. 2), nous trouvons de jolies phrases comme celle-ci: «Un sourire infernal passa sur les lèvres du chevalier, et M. de Lacy frissonna jusqu’à la moelle des os, et sentit ce sourire lui pénétrer au fond du cœur comme la lame glacée d’un stylet napolitain.»
«Le baron de Mort-Dieu habitait la terre dont il portait le nom, et qui était située au fond du Berry, entre la Châtre et Châteauroux... M. le baron de Mort-Dieu était assis au coin du feu du grand salon de sa belle demeure normande...» (Ibid., 2e partie, chap. 1; ibid., 8 avril 1859, p. 354, col. 3.) Normande dans le Berry?
Les anachronismes — c’était à présumer — ne sont pas rares chez Ponson du Terrail.
Dans Les Escholiers de Paris, dont l’action se passe sous François II (1559-1560), figure un moine «qui sait son Molière par cœur» (déjà!), qui s’écrie: