«La marquise allait prendre la parole, quand la porte, en s’ouvrant, lui ferma la bouche.»
«Les réverbères, qui n’étaient pas encore inventés, rendaient la nuit plus obscure.»
Etc., etc.
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Les romanciers et auteurs dramatiques sont fréquemment en butte aux réclamations de gens ayant rencontré leurs noms parmi ceux des personnages d’un livre ou d’une pièce de théâtre, et qui se prétendent pour cela outragés, déshonorés, etc. Ces pudibonds et pointilleux bourgeois n’hésitent pas parfois à intenter un procès à l’auteur, et à demander, comme dommages-intérêts, la forte somme.
Un jour que l’auteur des Courbezon, Ferdinand Fabre, était assis au bord d’une route des environs de Bédarieux, son pays, il vit venir un homme qui lui dit, embarrassé et tournant entre ses doigts son grand chapeau rond:
«Vous êtes monsieur Ferdinand?
— Oui, mon ami. Que me voulez-vous?
— Voilà: il paraît que vous avez fait un livre à Paris, et qu’il y a dans ce livre que, moi Pancol, j’ai tué M. l’abbé Courbezon. Je vous jure que ce n’est pas vrai. J’ai porté un lièvre chez votre frère (le gibier est rare dans cette région) pour que vous cessiez d’être animé contre moi. Car enfin, je ne l’ai pas tué!
— Mais non, mon ami.