Ma mère et mes enfants aye en recommanda... (tion)

Il ne put achever, car la mort l’en garda (l’empêcha).

(Cf. Sainte-Beuve, Tableau de la poésie française au seizième siècle, p. 207.)

Ce même genre de réticence, ce même truc, se retrouve chez Florian (1755-1794). Dans son roman Gonzalve de Cordoue (livre X, t. II, p. 180; édit. de la Bibliothèque nationale), très belle épopée en prose qui mérite d’être relue, un personnage, Alamar, ennemi furieux de Gonzalve, s’écrie, en s’armant pour aller le combattre: «Je cours punir, exterminer le «détestable...» Il ne peut achever, sa colère ne lui permet pas de prononcer le nom qu’il abhorre.»

Ailleurs (livre IV, t. II, p. 36), c’est, comme tout à l’heure, pour le Darius de Jacques de la Taille, la mort qui coupe la parole à l’orateur: «Que le Dieu du ciel me pardonne! et que les Zegris, profitant du terrible exemple...» Il n’achève pas; l’impitoyable mort le saisit.»


IV

Le culte de la périphrase. Périphrases courantes. — Écouchard Lebrun et le «périphrastique». — Delille. Locution favorite de Delille. Ses succès. Sa mémoire prodigieuse.

Chateaubriand. Il préférait ses vers à sa prose. Sa tragédie de Moïse. — Prédilections particulières de certains écrivains et artistes: «Le violon d’Ingres». — Singuliers jugements et vœux de Chateaubriand. «Tuer le mandarin». — La gloire littéraire.

«Rien n’est si beau que de ne pas appeler les choses par leur nom», déclare Voltaire, dans ses Conseils à Helvétius (Œuvres complètes, t. IV, p. 601, note r; édit. du journal Le Siècle).