Et Buffon, de son côté, recommande «de ne nommer les choses que par les termes les plus généraux»; c’est ce qui fait le style noble. (Cf. Eugène Despois, Dialogues sur l’éloquence par Fénelon, p. 212, note 1.)
D’accord avec ces principes, proclamés vers le milieu du dix-huitième siècle, l’emploi de la périphrase s’étend de plus en plus à partir de cette époque jusqu’à la Restauration.
Nombre de périphrases sont même devenues de véritables lieux communs.
«J’ai voulu me jeter aux pieds des auteurs de mes jours», écrit à Saint-Preux la Julie de Rousseau. (La Nouvelle Héloïse, I, 4; Œuvres complètes de J.-J. Rousseau, t. III, p. 139; Hachette, 1856.)
«Quoi! je pourrais expirer d’amour et de joie entre un époux adoré et les chers gages de sa tendresse!» écrit encore la même héroïne. (Ibid., II, 4; t. III, p. 253.)
«Je porte dans mon sein un gage de mon amour... le gage de notre union.» (Florian, Le Bon Ménage, sc. 3 et 18, Fables et autres œuvres, p. 423 et 434; Didot, 1858.)
Et si ce tour vieilli peut peindre un jeune objet...
Églé sera longtemps comparée à la rose.
(Delille, L’Imagination, I; Œuvres, t. I, p. 336; Lefèvre, 1844.)
Les auteurs de mes jours, les gages de ma tendresse, un gage de mon amour, un jeune objet (pour dire une jeune fille ou une jeune femme) sont ou ont été des périphrases des plus courantes.