Le papier végétal ou papier à calquer, papier très fin et transparent, fait de filasse de chanvre ou de lin non blanchie;
Le papier porcelaine, papier recouvert d'une couche de blanc opaque mélangé à de la colle de peau. Ce blanc était autrefois du blanc de céruse: pour éviter les empoisonnements, on se sert aujourd'hui de sulfate de baryte[155].
Les papiers bulle sont des papiers teintés, en jaune le plus souvent, et généralement de qualité inférieure.
Le carton se fabrique soit par la superposition et la compression de plusieurs feuilles de papier, soit par la même méthode que le papier ordinaire, mais avec une pâte moins épurée, composée de déchets plus grossiers. La première sorte est dite carton de collage, la seconde carton de moulage[156].
Le carton anglais, connu sous le nom de bristol ou bristol anglais, «n'est, quelle que soit son épaisseur, qu'une feuille de papier faite à la cuve avec les plus belles espèces de chiffons, auxquelles on ajoute une proportion assez considérable de kaolin[157].»
Le bristol français, au contraire, est obtenu par superposition: c'est un carton de collage de feuilles blanches laminées avec soin[158].
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Tous les papiers (les papiers de fabrication moderne), selon une juste remarque du Mémorial de la librairie française[159], «sont plus ou moins sujets à changer de couleur; cette altération ne consiste pour la plupart qu'en un brunissement qui affecte d'abord les extrémités du papier et gagne peu à peu l'intérieur; parfois aussi elle est uniforme. Dans ce dernier cas, le papier lui-même est altéré, tandis que, dans le premier, il n'y a qu'intervention d'agents extérieurs, tels qu'une atmosphère ambiante chargée de produits, en combustion, de gaz d'éclairage. Les acides et oxydants produisent l'altération par action directe sur les fibres du papier, ou, si ce dernier contient de l'amidon, la combinaison de ces acides avec cet hydrate de carbone amène une rapide détérioration de couleur. En un mot, l'altération de la couleur des papiers ordinaires à la cellulose est relative à la quantité de résine qu'ils contiennent, ou, plus généralement, à la résine et aux procédés de fixation de cette dernière dans le collage.»
Préoccupés de se procurer des papiers de teinte moins variable et de constitution plus durable, les imprimeurs ont imaginé maints procédés d'examen et de contrôle des papiers, et voici les conseils que donne à ce sujet l'Intermédiaire des imprimeurs[160]:
«Un papier contenant du bois mécanique est fort reconnaissable à simple vue, il suffit de le regarder par réflexion: on aperçoit des fibres plus brillantes que les autres et non feutrées; elles ont une longueur variant de 3 à 5 millimètres, suivant leur finesse: c'est du bois râpé de tremble. Le sapin est moins brillant et plus difficile à distinguer, et les réactifs sont souvent indispensables pour en déceler la présence. Le réactif le plus simple est une dissolution de 10 grammes de sulfate d'aniline dans 250 grammes d'eau distillée. Une goutte de ce liquide sur la feuille de papier produit une coloration jaune orange d'autant plus prononcée qu'elle contient plus de bois mécanique ou râpé, tremble ou sapin.