[176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer, pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format drap de lit, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 pages in-8 cavalier. Grâce à une imposition spéciale (c'est-à-dire au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes feuilles drap de lit et à procéder au pliage: on obtient pour chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6), portant toutes leur respective signature et paraissant avoir toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.

[177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir infra, p. [85]), et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la classification décimale (voir chap. VIII, De la classification, p. [313]).

[178] Barêmes ou Devis de travaux de reliure, Annexe: Tableau des formats en usage dans la librairie française.—Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.

[179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format in-folio colombier, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. [52], il est de règle de placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format in-4 colombier sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 × 2), le format in-8 colombier sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de l'autre (12 = 4 × 3), le format in-12 colombier sera de (0,63 ÷ 4 et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format in-18 jésus (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c'est-à-dire l'imposition, voir Th. Lefevre, Guide pratique du Compositeur, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d'impositions. Voir aussi Daruty de Grandpré, Vade-mecum du biblioth… Instruction raisonnée sur le format des livres, pp. 27-64.—Nous rappelons ce que nous avons dit p. [53] (Tableau des papiers) que le format actuel de la couronne servant aux labeurs (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).

[180] Cf. Leclerc, loc. cit., p. 327.

[181] Au début de l'imprimerie, l'imposition était des plus simples, ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D… En outre, afin d'éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3, A4, etc. (Cf. Leclerc, loc. cit., p. 285; et Daruty de Grandpré, loc. cit., p. 25, n. 1.)

[182] Certains cartons ou encarts, plus longs que larges, «formant une bande relativement étroite», portent le nom de feuilletons. (Daruty de Grandpré, loc. cit., p. 20.) On donne encore le nom de cartons à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle onglet (Leclerc, loc. cit., p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. infra, chap. V, De la reliure, p. [151]). Enfin on donne aussi le nom de cartons aux cartes de détail placées dans les angles d'une grande carte géographique.

[183] Pour plus de développements, voir Th. Lefevre, loc. cit., t. I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp. 299-418;—Desormes, loc. cit., pp. 45 et suiv.;—Leclerc, loc, cit., pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;—et Daruty de Grandpré, loc. cit., pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept: 1o en 1 cahier sans coupure; 2o en 1 cahier avec coupure en longueur; 3o en 1 cahier avec coupure en largeur; 4o en 2 cahiers, chacun sans coupure; 5o en 2 cahiers avec coupure et carton dedans; 6o en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7o en 3 cahiers avec coupure et carton dedans.

[184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.

[185] Page 197.