[330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion de la poussière.
[331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils portent le nom de larrons. Les relieurs sont tenus d'éviter les larrons, qui sont des défauts, tandis que les témoins, toujours laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.—On appelle aussi larron en typographie tout «morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un blanc» (Littré); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression». (Id.)
[332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1879 et 1886, passim. Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres en blanc. (Cf. L. Delisle, Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth. nation. Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)
[333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de la Légende des siècles: V. Hugo (au lieu de Victor Hugo), serait un barbare.» (Charles Blanc, Grammaire des arts décoratifs, p. 360.)
[334] La peau servant à faire des pièces a très peu d'épaisseur; c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur longueur.
[335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là, aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (Jules Richard, loc. cit., p. 60.) Le même bibliographe recommande (loc. cit., p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (ibid.) qu'il convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la lettre, soit en divers états…» Mais ce sont là des conseils quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais modestes amis des livres et de l'étude.
[337] Supplément au no 3 du journal la Reliure, «organe et propriété du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon, Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix réel et acceptable.
[338] Voir Sénèque, De la tranquillité de l'âme, IX, 9. (Pour abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.) «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en peinture,» disait Diogène. (Ap. Fertiault, les Légendes du livre, p. 156.)
[339] Voir Sénèque, Lettres à Lucilius, lettre II. Cf. l'Ecclésiaste, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils. Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»