Comme lui, en effet, toutes reposent sur un même principe: l'existence d'un Agent unique universel, d'une Force fluidique, origine de toutes choses et à qui elles ont donné les noms les plus divers. C'est l'Od des Hébreux, l'Aour des Kabbalistes, le Mercure universel de l'Alchimie, la Lumière astrale des Mages[32].
De même, tous les occultistes professent, et ceci nous intéresse spécialement, que l'une des modalités de cette Force unique est inhérente à l'organisme humain et aux autres corps de la nature; elle est mystérieuse, le plus souvent à l'état latent, mais peut, dans certains cas et sous certaines conditions, donner lieu à des phénomènes inexplicables par les données ordinaires de la science, tels que le soulèvement spontané du corps au-dessus du sol ou Lévitation, les mouvements d'objets matériels sans cause appréciable, la transmission de la pensée à distance, les apparitions, etc.
Pour les Mages, cette force est le Corps astral, troisième principe de l'homme, sorte d'intermédiaire entre l'âme et le corps organique[33].
Pour Mesmer, c'est le Fluide magnétique; nous verrons plus loin que, pour la Science, c'est la Force psychique. Les personnes qui l'émettent en quantité sont les médiums.
Enfin, tous les occultistes, après avoir affirmé la persistance du Moi conscient après la mort et même la réincarnation, admettent l'existence d'Êtres invisibles, d'essence trop subtile pour être perceptibles à nos sens, en un mot d'Esprits, qui sont de plusieurs hiérarchies. La Magie les distingue, suivant leur rang, en: «1o Élémentals, forces inconscientes des Éléments; 2o Élémentaires, restes des défunts; 3o Larves, vestiges vitaux des morts-nés, des suicidés, incessamment guidés par des désirs inassouvis.»
Ajoutons que tous les initiés, quels qu'ils soient, Mages, Kabbalistes, Alchimistes, prétendent pouvoir, au moyen de leur volonté exaltée par des pratiques cérémonielles spéciales, exercer une action puissante sur toute cette population de l'Invisible et posséder ainsi des pouvoirs inconnus des autres hommes. Aussi, toutes les Écoles accordent-elles, dans leur enseignement, la première place au développement et, pour ainsi dire, à l'entraînement de la volonté[34].
Nous n'avons fait que nommer les plus grands occultistes du Moyen-Age, Albert le Grand, Raymond Lulle, Nicolas Flamel, etc., l'enquête commencée sur leurs théories et leurs pouvoirs extraordinaires étant encore loin d'être suffisante.
Au XVIIIe siècle, tandis que Mesmer jetait les pratiques du magnétisme en pâture au public, l'occultisme eut pour adeptes les membres de diverses sociétés secrètes: Templiers, Rose-Croix, Hermetistes; puis le Mystérieux: Comte de Saint-Germain, Louis-Claude de Saint-Martin, dit le Philosophe inconnu, fondateur de la secte des Martinistes[35], Cagliostro, etc.
Au commencement de ce siècle, après l'époque troublée de la Révolution et de l'Empire, vers 1820, la Science occulte renaît partout, et l'on doit reconnaître que les diverses Ecoles sont représentées par des hommes de grande et originale valeur, quoique tenus à l'écart par les Académies[36].
Ce sont le Polonais Hœne Wronsky, mathématicien et kabbaliste, Fabre d'Olivet[37], auquel nous devons la restitution presque entière des Sciences enseignées dans les Sanctuaires de l'Inde et de l'Egypte, Eliphas Lévy[38], le plus savant de tous les occultistes contemporains, Louis Lucas[39], disciple des alchimistes, qui «ébauche la première synthèse scientifique, en alliant la Science occulte à nos Sciences expérimentales.»