De nos jours enfin, surtout depuis 1880, l'Occultisme a pris un essor extraordinaire. Toutes les Écoles comptent de nombreux et brillants adeptes; parmi eux, citons le docteur Encausse, chef de clinique du docteur Luys, qui applique avec succès aux sciences modernes la méthode analogique de l'Occultisme, et qui, sous le pseudonyme de Papus, a publié un Traité de Science occulte très documenté; il dirige en outre la plus sérieuse des Revues d'occultisme, l'Initiation, qui est l'organeGroupe indépendant de recherches ésotériques. Citons encore l'hermétiste Stanislas de Guayta[40], successeur direct d'Eliphas Lévy; Joséphin Péladan, qui soutient, dans ses livres—avec le talent que l'on sait—les théories de la Magie la plus transcendantale; puis le marquis de Saint-Yves d'Alveydre[41], la duchesse de Pomar, etc...
Terminons ces quelques mots sur l'Occultisme contemporain en disant que ce qui le caractérise, c'est l'emploi qu'il fait, dans ses recherches, de la méthode analogique et le but qu'il se propose de «ramener à un même principe toutes les sciences, toutes les philosophies et toutes les religions, de trouver le lien qui unit la Métaphysique à la Physique, la Science et la Foi.
»Au point de vue pratique, il étudie une série de forces encore mal connues, en partant de ces deux principes: le Hasard n'existe pas, le Surnaturel n'existe pas[42].»
Or, ce sont ces «forces mal connues», productrices de phénomènes prodigieux, que quelques savants éminents, diplômés à souhait, les Croockes, les Zœllner, les Richet, les Gibier, les Dariex, ont eu le courage, plus grand qu'il ne semble, de soumettre à des investigations rigoureusement scientifiques, et, comme nous le disions plus haut, c'est grâce à leurs travaux que la Science officielle sera peut-être forcée, dans un avenir plus ou moins prochain, d'admettre, après les phénomènes de l'Hypnotisme, les autres modalités du Merveilleux.
Nous allons voir, maintenant, à la suite de quelles circonstances ces chercheurs furent amenés à aborder ce genre d'études jusque-là si suspectes, et c'est ici que nous nommerons pour la première fois le Spiritisme, qui, s'il n'a pas d'autres mérites, a du moins celui d'avoir attiré sur les phénomènes qui avaient formé jusqu'à présent l'apanage exclusif des Sciences occultes l'attention de pareilles autorités.
On peut dire de lui qu'il a rendu à la cause des Phénomènes psychiques occultes le même service que rendit le Mesmerisme à celle de l'Hypnotisme. De même que Mesmer, Allan Kardec et ses adeptes ont, à travers bien des rêveries sans valeur, fait pourtant entrevoir à quelques esprits pénétrants la possibilité de recherches sérieuses et fécondes.
Racontons donc rapidement les origines du Spiritisme et ensuite de ce que l'on peut nommer l'Occultisme scientifique ou officiel.
En 1847, on commença de signaler, dans le nord de l'Amérique, des phénomènes étranges, mystérieux, qui se passaient à Hydesville, dans l'Etat de New-York. Une famille de ce village, la famille Fox, entendait des coups frappés dans les murs, sur le plancher de la maison qu'elle habitait. Les meubles «étaient agités d'un mouvement d'oscillation, comme s'ils avaient été balancés sur les flots; on entendait marcher sur le parquet sans qu'on vît personne[43].» Des recherches minutieuses et une surveillance sévère ne firent découvrir aucune fraude, aucune supercherie. Quant à une hallucination possible, les faits étaient constatés par un trop grand nombre de témoins et se renouvelaient trop fréquemment pour qu'on pût y penser. Bientôt, les bruits parurent produits par des forces intelligentes, qui répondaient, au moyen de coups frappés, quand on les interrogeait. Dès lors, tous ces prodiges furent—comme de juste—attribués à des esprits, qui, affirma-t-on, étaient les âmes des morts.
On le voit, l'explication n'était pas précisément neuve.
On ne tarda pas à s'apercevoir que certains sujets avaient particulièrement le don de communiquer avec ces esprits, et on leur donna le nom de médiums.