«Dès lors, le moderne Spiritisme était fondé. Des médiums innombrables se révélèrent, les pratiques spirites se répandirent comme une traînée de poudre, les différents clergés des mille sectes américaines s'en mêlèrent, et la confusion devint indescriptible... Peu s'en fallut que le Spiritisme, à ses débuts, ne comptât pour martyrs ses premiers apôtres[44]».

Bientôt l'épidémie spirite sévit en Europe. Partout on fait tourner, parler, tables et guéridons. On s'entretient avec l'âme de tous les grands personnages du passé, avec les puissances divines elles-mêmes, et Dieu sait ce qu'on leur fait dire[45]!

Allan Kardec, de son vrai nom Rivail, écrit des ouvrages qui sont, comme l'Évangile, des Spirites français.

Sans plus nous occuper des destinées du Spiritisme, disons que les premiers chercheurs sérieux qui essayèrent, au moyen de procédés scientifiques, de faire un peu de jour sur les Mystères spirites, furent:

En Amérique, Mapes, professeur de chimie, qui, «après avoir repoussé dédaigneusement ces choses», fut obligé de convenir «qu'elles n'ont rien de commun avec le hasard, la supercherie ou l'illusion.»

Puis le docteur Hare, qui institua une série d'expériences très ingénieuses, ressemblant beaucoup à celles du professeur Croockes, dont nous aurons à parler longuement.

Enfin, M. Robert Dale Owen a publié, en Angleterre, un livre sur le même sujet, dont les conclusions sont identiques à celles de Mapes.

En France, à la même époque, Babinet déclare, dans un article de la Revue des Deux-Mondes, de mai 1854, que les prodiges nouveaux qu'on raconte, les phénomènes surnaturels, sont d'impossibilité et d'absurdité.

En 1859, Jobert de Lamballe, Velpeau, Cloquet, Schiff, attribuent les bruits spirites (coups, craquements, etc.) au «déplacement réitéré du tendon du muscle long péronier, de la gaine dans laquelle il glisse en passant derrière la malléole interne

C'était se satisfaire à bon compte.