Frettons, Danbury, Chelmsford.
5 janvier 1883.
«J'habite dans le Nebraska (Etats-Unis), où j'ai un élevage de bétail, etc. Je dois épouser une jeune personne qui habite Yankton, Dakota, à 25 milles au nord.
Vers la fin d'octobre 1884, pendant que j'essayais d'attraper un cheval, je reçus un coup de sabot dans la figure, et il ne s'en fallut que d'un pouce ou deux que je n'eusse le crâne brisé; j'eus cependant deux dents cassées et je reçus un rude coup dans la poitrine. Plusieurs hommes se tenaient auprès de moi. Je ne perdis pas connaissance un seul instant, car il fallait se garder d'une seconde ruade. Il s'écoula un moment, avant que quelqu'un ne parlât. Je m'appuyais contre le mur de l'écurie, lorsque je vis, à ma gauche, la jeune personne dont j'ai parlé. Elle était pâle. Je ne fis pas attention à son costume, mais je fus frappé de l'expression de ses yeux: c'était une expression de trouble et d'anxiété. Ce n'était pas seulement son visage que je voyais, mais sa personne tout entière, une forme parfaitement matérielle, qui n'avait rien de surnaturel. A ce moment, mon fermier me demanda si je m'étais fait mal. Je tournai la tête pour lui répondre, et lorsque je regardai de nouveau, l'ombre avait disparu. Le cheval ne m'avait pas fait grand mal, ma raison était parfaitement saine, car, tout de suite après, je rentrai dans mon bureau et je dessinai le plan et j'établis le devis d'une nouvelle maison, travail qui nécessite un esprit très dégagé et très attentif. Je fus tellement obsédé par le souvenir de cette apparition que, le lendemain matin, je partis pour Yankton. Les premières paroles que la jeune fille me dit, lorsque je la vis, furent: «Mais je vous ai attendu, hier, toute l'après-midi. J'ai cru vous voir, vous étiez très pâle et votre figure était toute en sang.» (Je puis dire que mes contusions n'avaient pas laissé de traces visibles). Je fus très frappé de cela et lui demandai quand elle avait cru me voir. Elle dit: «Immédiatement après le déjeuner.» L'accident avait eu lieu juste après mon déjeuner. Je notai les détails. Je dois dire qu'avant d'arriver à Yankton, j'avais peur que quelque accident ne fût arrivé à la jeune fille. Je serai heureux de vous envoyer de plus amples détails, si vous le désirez.»
Jno. T. Milward Pierce.
En réponse à quelques questions, M. Pierce nous dit:
Je crois que la vision dura un quart de minute.
Il n'a pas eu d'autre hallucination visuelle, sauf une fois où, étendu à terre d'un coup de feu qu'un Indien lui avait tiré dans la mâchoire, il crut voir un Indien se pencher sur lui; il pense que ce n'était pas un Indien en chair et en os, parce que, dans ce cas, il eût été scalpé.
M. Pierce nous écrivit le 27 mai 1885:
«J'ai envoyé votre lettre à la personne en question, mais je n'ai pas reçu de réponse avant de quitter l'Angleterre, et, à mon arrivée, j'ai trouvé la jeune fille très malade, et ce n'est que récemment que j'ai pu obtenir les détails que vous désirez. Elle désire que je dise qu'elle se rappelle aussi m'avoir entendu, craignant que quelque chose ne me fût arrivé; ce n'était pas cependant le jour où j'allais la voir d'habitude; mais, bien qu'à cette époque, elle m'eût dit qu'elle m'avait vu avec la figure en sang, maintenant elle ne semble plus s'en souvenir, et je ne lui en ai rien dit, afin de ne pas l'influencer.»
Dans une lettre du 13 juillet 1885, M. Pierce nous dit: