N.-B.—Nous étions convenus qu'elle resterait à Stretton, pour soigner Mme Eustance, jusqu'au dénouement fatal ou jusqu'à sa convalescence.

Je rencontrai ma femme à quelques centaines de yards de la station, et je devinai, d'après l'expression de ses traits, que mes suppositions étaient vraies. Elle me raconta les détails de la mort de sa sœur. Elle me dit combien elle avait désiré voir Rosanna et moi. Je lui racontai alors que, dans le courant de la nuit précédente, une voix nous avait appelés, qui ressemblait à la sienne; en même temps, ma femme me dit que Mme Eustance avait bien souvent répété nos noms, dans la nuit précédente, avant de perdre conscience.»

Voici de quelle manière la nièce confirme ce récit:

11, Smithdown Lane, Paddington, Liverpool, 21 août 1885.

«Sur la demande de mon oncle et la vôtre, je vous écris pour confirmer l'assertion de mon oncle, au sujet de la voix que j'ai entendue. Sans cause apparente, je fus subitement réveillée et j'entendis une voix qui m'appelait distinctement ainsi: «Rosy, Rosy, Rosy!» Je pensai que mon oncle m'appelait, je me levai et je sortis de la chambre, mais je rencontrai mon oncle qui venait voir si, moi, je l'appelais. Nous étions seuls à la maison, cette nuit-là: ma tante était partie pour soigner sa sœur. C'est dans la nuit du 2 au 3 juillet que je me suis entendu appeler; je ne peux pas dire à quelle heure, mais je sais que le jour commençait à poindre. Je ne me suis jamais entendu appeler auparavant, ni depuis.

Rosanna Sewill.»

Citons à présent un autre cas d'hallucination nettement télépathique, et où l'on peut croire qu'il y a eu contagion. Il s'agit d'une hallucination auditive.

CXLV (340). Ce récit nous a été fourni par le Rev. W. Stainton Moses, ami intime de l'agent. Il a été revu par ses parents qui ont éprouvé l'hallucination. Ils l'ont déclaré exact.

1881.

«Il y a deux ans environ, W. L... quitta l'Angleterre pour l'Amérique. Neuf mois après, il se maria; il espérait amener sa femme dans son pays, pour la présenter à sa mère qu'il aimait tendrement. Le 4 février, il tomba malade subitement; il mourut le 12 du même mois, vers 8 heures du soir. Cette nuit-là, environ trois quarts d'heure après que les parents étaient allés se coucher, la mère entendit clairement la voix de son fils lui parler; son mari, qui entendit aussi cette voix, demanda à sa femme si c'était elle qui parlait. Ni l'un ni l'autre ne s'étaient endormis et elle répondit: «Non, reste tranquille!» La voix continua: «Comme je ne puis venir en Angleterre, mère, je suis venu te voir.» Les deux parents croyaient, en ce moment, leur fils en bonne santé en Amérique, et attendaient chaque jour une lettre annonçant son retour à la maison. Ils prirent note de cet incident qui les avait beaucoup frappés, et lorsqu'une quinzaine de jours plus tard, la nouvelle de la mort du fils arriva, ils virent qu'elle correspondait avec la date à laquelle la voix de «l'esprit» avait annoncé sa présence en Angleterre. La veuve déclara que les préparatifs de départ étaient presque terminés à ce moment-là, et que son mari était très désireux d'aller en Angleterre voir sa mère».