Nous ne nions pas, pour cela, l'action possible du médium—indépendamment de tout mouvement musculaire—sur les objets avec lesquels il est en contact. Mais comme, dans ces cas, le doute est toujours légitime, nous préférons nous en tenir aux seuls mouvements provoqués à distance.

Dans le fait, s'il est démontré qu'une force, émanant de l'organisme, peut agir de loin sur des objets matériels, il est presque certain que les Phénomènes physiques occultes reconnaissent une cause identique à celle des Phénomènes psychiques: dans les deux cas, il s'agit de la projection, volontaire ou non, hors du corps, d'un élément particulier dont la nature est encore profondément inconnue.

Sans recourir aux vues des Sciences occultes sur cette force, il nous faut dire un mot cependant des expériences de Reichenbach, reprises et commentées, avec un sens critique très sûr, par M. le colonel de Rochas[94].

D'après Reichenbach, non seulement l'organisme humain, mais tous les corps de la nature seraient pénétrés d'un fluide spécial, dérivé de la Force-substance universelle des Occultistes. Ce fluide, cet Od, comme il l'appelle, pourrait être projeté, volontairement ou non, hors du corps, et, dans certains cas, deviendrait même visible.

Des êtres, doués d'une plus grande finesse de perception, que l'auteur nomme des Sensitifs, auraient le don de voir l'Od se dégager des objets naturels, du corps de l'homme, et surtout des aimants[95].

Ces affirmations de Reichenbach ont été, nous l'avons dit, vérifiées par M. de Rochas, dont la compétence scientifique offre toutes les garanties désirables; cet expérimentateur serait même parvenu à photographier ce que l'on pourrait nommer l'image astrale d'un minéral[96].

Voici maintenant, d'après M. Arnold Boscowitz, qui les a résumées, les recherches de Reichenbach sur l'Od:

«Longtemps avant que le sensitif ait vu la lumière polaire se dégager de l'aimant ou du cristal, il voit briller, à la place où se trouve une personne quelconque, un nuage transparent et phosphorescent. C'est à peine s'il peut distinguer une forme humaine dans l'intérieur du voile lumineux; mais, à mesure que sa pupille se dilate, il voit se dessiner de mieux en mieux les contours du corps auquel des émanations lumineuses donnent des proportions outrées. Les lueurs odiques s'élèvent, bleuâtres et mobiles, au-dessus de la tête, présentent l'aspect d'un géant lumineux qui porterait un casque orné de longues aigrettes. La couleur des flammes qui s'échappent est rouge à gauche, bleue à droite.

»C'est aux mains, surtout aux extrémités des doigts, que le phénomène est le plus marqué. De même, chez tous les animaux, tout le côté gauche dégage la lumière odique rouge, le droit, la lumière bleue, etc., etc.[97]

Rappelons que le docteur Luys a communiqué à la Société de biologie des expériences qui, faites avec des sujets endormis par l'aimant, lui ont donné des résultats semblables à ceux que nous venons de décrire.