J'avais apporté plusieurs ardoises, deux entre autres enveloppées dans du papier, ficelées ensemble, cachetées et vissées. Je désirais obtenir de l'écriture dans ces ardoises et je demandai à Slade si cela était possible. «Je ne sais pas, me répondit-il, je vais le demander.» Je proposai alors d'avoir une réponse dans deux ardoises neuves que j'avais apportées dans ma serviette, ce qui me fut accordé.

Dans une séance antérieure, un visiteur est venu chez Slade et a obtenu, m'a-t-on dit, de l'écriture dans deux ardoises qu'il tenait sous ses pieds. J'ai demandé et obtenu la permission, après avoir mis la petite touche traditionnelle entre elles deux, de m'asseoir sur mes ardoises. Les ayant donc posées sur ma chaise, je m'assis dessus et ne les quittai de la main que lorsque tout le poids de mon corps porta sur elles. Je plaçai alors mes mains sur la table avec celles de Slade et je sentis et entendis alors, très nettement, que de l'écriture se traçait sur l'ardoise avec laquelle j'étais en contact.

Quand ce fut fini, je retirai moi-même mes deux ardoises, et je lus les douze mots suivants, fort mal écrits, du reste, mais enfin écrits et lisibles quand même: Les ardoises sont difficiles à influencer, nous ferons ce que nous pourrons.

Slade n'avait pas touché aux ardoises. Je ne pus en obtenir davantage.

Dans une autre expérience (Expérience X), M. Gibier et plusieurs autres personnes obtinrent, non seulement de l'écriture sur des ardoises, dans les mêmes conditions, mais encore le transport de ces mêmes ardoises, sans contact apparent avec les mains d'aucune personne.

«Il y a des faits, dit M. Gibier en terminant son livre, ne nous lassons pas de le dire, des faits positifs, inéluctables.... Nous ne pouvons plus reculer; les faits sont là qui nous pressent. Nous avons beau nous débattre et dire «cela n'est pas possible», ils nous répondent «cela est». Nous objectons un «mais», on nous réplique par «un fait», et comme l'a dit Russel Vallace, les faits sont choses opiniâtres».

Nous ne pouvons insister sur les expériences qu'à son tour M. H. Lepelletier a instituées sur la Force psychique. On en trouvera les détails dans le livre de M. Plytoff sur la Magie[114].

Depuis deux ans, cette question des phénomènes physiques occultes est particulièrement à l'étude, et nous allons avoir à citer des observations publiées par des hommes chez qui la haute situation scientifique dont ils jouissent n'a diminué en rien l'indépendance intellectuelle et l'esprit d'investigation. Si la réalité de ces phénomènes devient de plus en plus probable, la certitude à leur égard n'est pas encore faite: la preuve dernière, irréfutable, mathématique, manque encore; du reste, n'en est-il pas malheureusement ainsi, presque partout en Psychologie occulte? Mais cette certitude, cette preuve dernière, les documents qui suivent la font espérer prochaine...

Voici d'abord la déclaration catégorique que M. Lombroso a publiée en 1891, et par laquelle le chef de l'Ecole d'anthropologie criminelle d'Italie reconnaît l'existence des Phénomènes occultes et les juge dignes d'un intérêt scientifique sérieux.

Il a recommencé ses investigations en septembre et octobre 1892, avec le concours de MM. Richet, Aksakof, Du Prel, et de plusieurs autres savants italiens. Nous donnerons, à la fin de cette deuxième partie de notre travail, et comme une sorte de résumé synthétique des divers phénomènes médianimiques, le compte rendu de ces nouvelles expériences—documents dont on saisit sans peine toute l'importance et que l'on doit considérer comme le dernier mot dit, jusqu'ici, par la science officielle sur ce troublant et mystérieux sujet.