Aux lecteurs d'une cérébralité amplexive et sérieuse, et d'un sens critique impartial, à ceux-là de se faire une opinion.

Quant à la négation ironique et de parti-pris, elle n'existe pas pour nous.

1o PHÉNOMÈNES SE PRODUISANT SANS L'INTERVENTION RECONNUE D'UN MÉDIUM

Dans les effets physiques de la Force psychique dont nous avons parlé jusqu'à présent, nous avons toujours constaté la présence d'un agent, d'un médium.

Or, il est certains autres de ces phénomènes qui semblent se produire spontanément, sans que l'on puisse, à l'égard du médium possible, faire autre chose que des conjectures. On suppose, par exemple, que telle ou telle personne est la cause inconsciente des faits produits, et c'est tout: à moins que, à l'exemple des occultistes et des spirites, on ne les attribue à l'intervention des êtres du monde invisible.

Nous n'insistons pas.

Et, pour demeurer autant que possible dans le domaine de l'expérimentation rigoureusement scientifique, nous négligerons toutes les histoires plus ou moins fantaisistes de maisons hantées, d'objets ensorcelés, etc., pour nous en tenir aux observations suivantes que nous trouvons dans les Annales des Sciences Psychiques.

Les faits qu'elles signalent ont été constatés, on verra avec quel luxe de précautions, par M. Dariex lui-même, dans son propre appartement.

Voici ses paroles textuelles[128]:

Pendant la seconde moitié de l'année 1888, je m'occupais très activement de l'étude des phénomènes psychiques et je ne manquais pas une occasion de les expérimenter. Néanmoins, durant les premiers mois, je n'observai rien d'anormal chez moi: aussi, je fus assez surpris de voir ma servante me soutenir, un matin, avec l'insistance dont paraissent seules capables les personnes absolument convaincues de ce qu'elles avancent, que pendant la nuit—c'était la nuit du 30 novembre 1888—elle avait entendu dans mon cabinet de travail, voisin de la pièce où elle couche, entre trois heures et demie et quatre heures du matin, des bruits de pas, étouffés comme par un tapis, et de petits coups, paraissant frappés sur les meubles; ces coups, tantôt au nombre de deux, tantôt au nombre de trois, alternaient avec le bruit de pas. Durant cette demi-heure, l'alternance de ces bruits se produisit plusieurs fois.