Les deux hommes marchaient vite: le père avait hâte d'arriver auprès de ses enfants.
Une voiture passait; le marquis l'arrêta.
—A la caserne Babylone! dit-il.
Le régiment de son fils aîné y tenait garnison.
Il fallut une heure au cocher pour conduire le fiacre rue de Babylone.
Paris se faisait désert.
Cependant, par intervalles, on voyait passer, muettes et tristes, de longues files de soldats, sac au dos.
En entrant dans la caserne, le marquis la trouva vide. On lui dit que le régiment, replié sur l'Arc-de-Triomphe, camperait probablement sur l'avenue de Neuilly ou aux Champs-Elysées.
Les cuirassiers de la garde, où le comte de Kardigân était chef d'escadron, s'étaient battus toute la journée.
Malgré sa force d'âme, le père frissonna, si le Breton resta impassible: il songea qu'il avait trois fils, soldats tous les trois…