M. Jumelle espéra un moment que les pas des fugitifs resteraient marqués sur la neige; mais ceux-ci avaient eu soin de les entrecroiser tellement, qu'on ne pouvait les suivre.
Au reste, il était à peu près certain que, tous, ils avaient dû rentrer dans Paris, mais par des chemins différents.
M. Jumelle fit garder les deux issues, et, laissant là son escorte, s'achemina vers Paris qui s'éveillait au loin.
A mesure qu'il marchait, ses réflexions se condensaient, prenaient corps, et lui montraient clairement tout ce qui avait dû avoir lieu.
Il se hâtait, car il voulait faire son rapport à M. Gisquet, le préfet de police, et discuter avec lui les moyens d'arrêter Henry de Puiseux, par lequel on pouvait arriver peut-être à connaître une partie de la vérité.
Cependant, à mesure qu'il traversait dans toute sa longueur la vaste plaine de Montrouge, la solitude se faisait moins grande. A droite et à gauche, passaient des maraîchers se rendant à Paris ou en revenant.
Il arriva bientôt devant un petit cabaret de bas étage.
Alors son instinct de policier s'éveilla. Il eut l'idée de demander des renseignements aux gens qui tenaient ce cabaret. En s'approchant, il vit un certain nombre de gens qui encombraient la petite salle du cabaret.
Il se mêla à ces groupes, demanda un verre d'eau-de-vie.
—C'est bien, ce qu'il a fait là, disait l'un.