Pas un souffle ne sortait de ses lèvres serrées.
Les yeux étaient fermés, comme si l'éternel sommeil berçait déjà dans ses bras patients ce pauvre être inanimé.
Jean se sentait profondément ému.
Les êtres forts sont toujours des êtres bons, car la méchanceté n'est qu'une perpétuelle irritation de la faiblesse.
Le lecteur se rappelle la plainte jetée par ce noble gentilhomme sur ceux qui souffraient, victimes de la misère et du froid.
Une immense pitié envahit son cœur.
Comment ce malheureux être se trouvait-il ainsi, seul et abandonné, livré à tant de souffrances et à tant d'angoisses!
Il se représentait l'enfant, pliant sous cette triple et impitoyable étreinte de la faim, de la fatigue et de la neige.
Un poëte oriental, à qui on a parlé comme d'un jeu de la nature de cette neige inconnue dans son climat brûlant, s'écrie:
«—Oh! que ces baisers blancs et glacés doivent faire couler la glace mortelle dans le sang et jusqu'au cœur!…»