—Dans une grande salle, avec d'autres enfants de mon âge. Puis, un soir, comme j'appelais toujours ma mère, je me suis dit que, puisqu'on ne voulait pas me la rendre, ce serait moi qui irais la retrouver. Je me suis enfui.
—Bravo!
—Je traversai Paris en courant. Quand j'eus quitté la ville, épuisé, mourant de faim, je fus assailli par la neige. Alors je tombai et je crus que j'allais mourir… C'était dans une grande plaine. Je souffrais affreusement. J'errai toute la nuit, à droite et à gauche, cherchant mon chemin. Enfin, tout à coup, les forces me manquèrent.
XII
LA BARONNE DE SERGAZ
Jacquelin s'arrêta. Le souvenir de son danger et de ses souffrances agissait évidemment sur son esprit d'une façon douloureuse. Jean de Kardigân en profita pour tâcher d'obtenir de lui quelques renseignements.
—Pourquoi a-t-on tué ton père?
L'œil de l'enfant s'alluma.
—Parce qu'il s'était battu.
—Contre qui?