Elle se leva.
—Qu'allez-vous faire? demanda Jean.
—Je retourne chez mon père, car je sais ce que je dois lui répondre. J'ai dix-neuf ans. Dans deux ans, je serai majeure. Vous m'attendrez deux ans?
—Je vous le jure!
—Alors, adieu!
—Adieu!
—Oui, car je ne vous reverrai plus avant le jour où nous pourrons être unis à jamais!
O noblesse de ces cœurs purs et loyaux! Ils s'adoraient, et Jean n'avait même pas voulu baiser la main de la jeune fille.
—Si vous voulez me rendre heureux, mon amie, dit-il au moment où elle allait se retirer, écrivez-moi quelquefois, et pensez à moi toujours!
Mais votre père ne cèdera-t-il pas? Faudra-t-il donc que nous perdions deux ans de bonheur!