Assez de phrases. Ma décision est prise irrévocablement.
Cet homme veut qu'elle en épouse un autre. Je n'aurai donc pas la honte de voir son nom au bas de l'acte qui m'unira pour toujours à sa fille.
D'ailleurs, j'attendrai: il faut que j'attende. Elle a dix-neuf ans. Qu'il vive ou qu'il meure, pour moi ce n'est de rien. Je ne le connais pas, je ne veux pas le connaître!
Jean était debout. Il semblait avoir de la répugnance à rester assis à cette table où il travaillait d'habitude.
Pourtant, un aimant invincible l'y ramenait sans cesse.
Le testament de M. de Kardigân était ouvert comme il l'avait laissé.
Il prit machinalement le papier et lut tout haut ce qu'il avait lu tout bas une heure auparavant:
«Vous ne devez jamais vous livrer aux concessions du siècle. Il est des hommes que vous devez haïr…
Quant à ceux qui vivent encore parmi les régicides, votre devoir est de les punir, si Dieu le permet. Je ne vous dis pas que je vous défends de faire commerce avec eux. Mon fils ne peut les aimer, ni aimer leurs filles, ni aucun des leurs.
Car s'il en était autrement, je sortirais de ma tombe pour vous maudire!»