«—O mon père! homme inflexible, cœur de bronze! ô mon père, si tu voyais les tortures de ton enfant, tu aurais pitié de lui!»

Il se laissa retomber, assis et la tête dans ses mains, brisé par sa douleur.

Mais cette faiblesse fut passagère. Il se releva, reprenant avec amertume:

«De quel droit a-t-il engagé ma vie? De quel droit m'a-t-il condamné à la solitude, à la souffrance? J'aime Fernande, et je n'en aime pas une autre. C'est à elle que je veux lier ma destinée!…

Pourquoi discuterais-je tant avec moi-même? Si je me sentais réellement dans le vrai, pourquoi me soumettrais-je à cette torture de lutter contre mon père mort?

Si j'ai raison, pourquoi irais-je chercher des arguments auxquels je ne crois pas? Pourquoi oserais-je me mentir à moi-même, au point de renier tout mon passé?

Je suis lâche!

La vérité est une: pas de détours! Ce serait une faute que d'épouser
Fernande… Une faute? Peut-être un crime!

Le commettrai-je, ce crime? Je ne veux plus ergoter avec ma conscience!
Elle n'est pas en repos. Elle me parle; dois-je l'écouter?»

Il se tut de nouveau, puis, il reprit avec un désespoir croissant: