Le vieux conventionnel savait parfaitement que sa fille ne pouvait rien avoir fait de mal. Il connaissait trop la pureté de Fernande pour la soupçonner. Mais il devinait en partie ce qui avait eu lieu, et cette résistance ouverte à ses ordres le révoltait.

Elle ne mentait jamais.

Souvent, quand elle était enfant, elle avait mieux aimé être punie que de se sauver par un mensonge.

Et Dieu sait que la punition était sévère pour elle: sa mère ne venait pas l'embrasser, le soir, dans sa chambre!

Aussi, M. Grégoire savait que sa fille lui répondrait la vérité.

Si elle ne voulait pas lui raconter ce qui s'était passé, elle se tairait; mais à coup sur elle ne mentirait pas.

Fernande pâlit un peu à cette demande de son père.

Mais elle comprit que, dans la voie douloureuse où elle était entrée, elle ne devait reculer devant rien.

—Je viens de voir celui à qui je me suis fiancée, mon père, dit-elle.

Bien que M. Grégoire fût préparé à cette réponse, il ne s'attendait pas à ce qu'elle fût aussi catégorique.