Quand il arriva à l'hôtel de France, il demanda M. le marquis de Kardigân; on lui répondit qu'il était parti. Malgré le domestique du jeune homme, il s'entêta à rester. Jérôme souffrait du retard apporté par la destinée à la remise de son message.
Onze heures du soir, minuit, une heure du matin sonnèrent. Il attendait toujours.
Pourtant il se dit que l'enlèvement dont Fernande était menacée ne devait avoir lieu que le lendemain. Donc, il avait encore au moins douze heures devant lui pour voir le marquis.
Enfin Jean arriva…
Nous savons le reste.
Quand Jérôme eut répété à son tour le récit qu'il avait entendu de la bouche de Fernande, Jean éprouva une surprise mêlée de colère.
—Quoi! on lui arracherait Fernande!
Puis il réfléchit. Comment, lui qui avait renoncé à elle, pouvait-il s'irriter de ce que M. Grégoire voulût la lui prendre? C'est alors que l'idée lui vint que Fernande pouvait ne pas avoir reçu sa lettre.
Ce fut un coup affreux pour lui. Il avait pu écrire à mademoiselle Grégoire qu'une fatalité implacable se dressait entre eux deux, mais il ne se sentait pas la force de le lui dire à elle-même…
—Allons! pensa-t-il, il ne s'agit pas de me laisser affaiblir. Pour le moment, elle est en danger: il faut que je la sauve!