Quelques mots échangés avaient fait deux amis de ces deux hommes, si séparés l'un de l'autre par une position réciproque.
Il n'y avait plus ni gentilhomme ni ouvrier. Il y avait deux cœurs fiers et honnêtes qui battaient à l'unisson, à la pensée d'un même devoir à remplir, d'une même noble action à faire.
Il fallait, en tous cas, attendre au lendemain avant de prendre une décision.
—Vous êtes ici chez vous, dit Jean à Hébrard. Dormons; demain, au jour, nous préparerons un plan de combat.
A onze heures du matin, les deux nouveaux amis se levèrent et déjeunèrent rapidement.
A midi et demi, ils arrivaient dans la rue de M. Grégoire.
En route, ils avaient décidé de leur conduite.
Un hôtel meublé, situé presque en face de la maison du vieux conventionnel, semblait s'élever là exprès pour qu'on pût s'y établir et surveiller ce qui se passerait.
Ils entrèrent et louèrent deux chambres.
Puis ils se postèrent en observation et attendirent. Somme toute, la journée ne devait pas apporter de complications nouvelles. M. Grégoire et M. Robert Français voulaient enlever Fernande au milieu de la nuit et à l'heure où nul passant ne pourrait entendre les cris d'appel de la jeune fille.