Pas une plainte, pas une imprécation n'étaient sorties de ces cœurs loyaux et religieux.

M. de Kardigân plaça côte à côte le frère et la sœur sur le même lit.

Au jour levé, il commanda deux cercueils en chêne, où il renferma lui-même ces deux êtres, qu'il avait tant aimés.

Les cercueils de chêne furent soudés ensuite dans des boîtes en plomb.

Il trouvait une sorte de volupté âpre à remplir lui-même ces douloureuses fonctions.

Puis, quand tout fut terminé:

—Viens les venger, maintenant! dit-il.

Les Mémoires de 1830 ont conservé le souvenir de deux hommes qui firent des merveilles d'énergie et de bravoure, pendant la troisième de ces journées maudites.

Enfermés dans une maison du quai Voltaire, ils se battirent comme des furieux, seuls contre quatre cents insurgés.

Exaspérés d'être décimés par ces deux héros, qui abattaient un homme à chaque coup, ceux-ci résolurent de mettre le feu à la maison.