Mais les deux hommes ne cessèrent pas leurs meurtrières attaques.
Des trous sanglants se faisaient dans la colonne révolutionnaire.
Quand les flammes dominèrent le toit de la maison, la porte cochère, barricadée jusque-là, s'ouvrit, et ils s'élancèrent au dehors, portant, l'un une hache, l'autre une poutre enflammée, avec lesquelles ils se frayèrent un passage à travers des poitrines humaines.
Ces deux hommes étaient le marquis de Kardigân et Aubin Ploguen.
Un livre, publié en 1837, raconte ce fait unique.
Toute la journée, les Bretons s'étaient battus.
Quand ils eurent élevé un holocauste héroïque à ceux qui n'étaient plus,
M. de Kardigân se dirigea, toujours suivi d'Aubin, vers la caserne de la
Place, où les gardes-du-corps avaient leur poste.
Naturellement les gardes-du-corps étaient à Saint-Cloud avec le roi.
Pourtant on lui dit que M. le duc de Raguse, maréchal Marmont, ayant envoyé à M. de Salis, colonel commandant les Suisses, son aide de camp M. de Guise, M. de Salis avait expédié de son côté un officier des gardes-du-corps au maréchal.
Cet officier devait coucher à la caserne, et ne repartir pour
Saint-Cloud que le lendemain au soir.