—Et tu crois qu'en deux heures nous pourrons être à la crique de
Bel-Râch?
—Oh! facilement. Nous arriverons là-bas à onze heures. Deux heures de travail, peut-être trois: vous voyez que nous serons de retour pour le milieu de la nuit.
La petite troupe se glissa hors du château, afin d'inspecter le chemin vicinal qui se déroulait au bas de la colline, éclairé par une belle lune de printemps.
Puis ils rentrèrent, et les préparatifs de départ se firent.
Les serviteurs remplirent de foin une des trois charrettes; les deux autres restèrent vides. Puis Aubin, Jean et Jacqueline se placèrent sous le foin qui les recouvrit presque entièrement.
Jacquelin devait marcher à pied avec les conducteurs des chevaux.
On ouvrit la grille du château, et les trois charrettes se mirent à descendre le chemin qui conduisait au village.
Un quart d'heure après, elles suivaient la route de Savenay.
La marche fut silencieuse.
Ces hommes ne laissaient pas que d'être impressionnés malgré eux par ce qu'ils allaient faire. Et pourtant, c'étaient de fortes et énergiques natures, auxquelles il ne manquait rien pour affronter sans pâlir de mortels dangers.