Élevés dans le culte du Seigneur, ils avaient grandi sur la terre de
Kardigân où ils étaient nés. Certes, ils ne reculeraient devant rien.
Ainsi que l'avait dit Aubin Ploguen, il suffit de deux heures pour voir poindre dans le ciel le coq de fer qui surmonte la pauvre église de Bel-Râch.
Mais les charrettes, au lieu de suivre encore le chemin vicinal qui les eût fait, en droite ligne, traverser le village, entrèrent en pleins champs.
Le mugissement de la mer annonçait que ces landes sablonneuses où s'engageaient les conducteurs, aboutissaient à la côte.
Le vent était assez violent. Par instants, une forte rafale secouait la membrure de bois des voitures.
Un peu à droite s'élevait un petit bouquet de bois, accident commun sur le littoral breton.
Ce bouquet de bois ne touche pas à la mer: il en est séparé, au contraire, par un espace de trente ou quarante mètres. Les conducteurs y firent entrer les voitures.
Alors, Jean, Aubin Ploguen et Jacqueline sortirent de leur cachette.
—Le plus difficile reste à faire, dit Jean. Mes amis, vous allez demeurer ici. Jacquelin, la Pâlotte et Aubin vont m'accompagner.
—Mais, monsieur le marquis… hasarda un des paysans.