Néanmoins son cœur battit…

Tous ces jeunes gens venaient de faire cause commune avec la rébellion. Mais, dans la loyauté suprême de son âme, le marquis croyait qu'ils avaient lutté pour le roi.

Ce gentilhomme de grande race n'eût jamais supposé qu'un uniforme français eût pactisé avec la révolution.

Aussi, rassuré sur son fils, il se félicitait en lui-même de ce qu'un de ses enfants avait pu remplir son devoir sans être frappé.

Oh! quelle ivresse pour lui de serrer son Philippe dans ses bras, encore chaud d'une lutte où il avait, sans le savoir, vengé son frère et vengé sa sœur! Philippe et Jean, c'était tout ce qui lui restait de sa famille.

Un des professeurs de l'École aperçut enfin le vieillard, courbé et brisé. Il s'approcha de lui et lui demanda poliment s'il attendait quelqu'un.

—Oui, monsieur, j'attends mon fils.

—Philippe est un héros! continua le premier qui avait déjà parlé.

—Combien Kardigân en a-t-il descendu? dit le second.

Kardigân! Il ne s'était pas trompé.