Le vent s'était calmé à l'approche du matin. La nuit brillait calme et limpide. Les étoiles brillantes trouaient le ciel, et un blanc rayon de lune argentait la cime des grands arbres.
Au loin pleurait la mer. Son lent et éternel gémissement arrivait à la jeune fille accompagné d'un chant de rossignol.
Fernande était accoudée, et contemplait cet immense repos de la nature:
—Je suis donc près de lui, murmura-t-elle.
Près de lui! Ah! je m'étais juré de ne pas le suivre, de ne pas mêler encore ma vie à la sienne. Mais j'ai été lâche… je ne pouvais pas!… Je serais morte!
Elle se tut, regardant passer les nuées blanches qui tachaient un moment le bleu mat du ciel.
—Il est là! O mon Dieu! pourquoi ne m'avez-vous pas prêté la force d'oublier? Pourquoi m'avez-vous imposé le combat, si vous ne deviez pas en même temps me donner l'énergie?
J'ai essayé de lutter… mais je suis retombée, vaincue.
Il est là, près de moi!… Il pense à moi, et ne sait pas que je respire le même air que lui, que mes yeux voient le même horizon que les siens, que je souffre à côté de sa souffrance! Sa pensée va me chercher bien loin, et je suis là!
Il ne m'était pas permis de vivre avec lui; mais avec lui, du moins, je pourrai mourir!…