Elle se tut encore, et reprit, chantant:

Mon ami vient de s'en aller,
J'en ai le cœur tout en peine:
Vint un gars sous le grand chêne,
Qui voulut me consoler.
Mais je lui dis: «Celui que j'aime,
Beau gars, ce n'est pas toi…
Hélas! il est bien loin de moi,
Celui que j'aime!»
Je ne peux pas me consoler.
Mon ami vient de s'en aller!

Fernande avait été élevée en Bretagne, nous le savons.

Gouësnon et Leneguy, ces deux vieux chouans, l'adoraient et avaient consenti avec joie à la pieuse ruse de la jeune fille. Elle leur avait tout conté, à ces braves cœurs loyaux.

Elle avait quitté son père, et était venue. La lutte était trop rude pour elle. Elle aimait!

Fernande referma la fenêtre, et se coucha.

Quand le sommeil la prit, elle murmurait encore les deux derniers vers de sa chanson:

Je ne peux pas me consoler:
Mon ami vient de s'en aller…

VII

LE COMMENCEMENT