Laissons la Bretagne, et descendons vers le Midi de la France.

Traversons Tours, Vendôme et Orléans, si nous passons par Paris;—Toulouse, Agen et Montpellier, si nous passons par Bordeaux, et arrivons à Marseille.

Dans la nuit du 28 au 29 avril,—pendant cette même nuit où l'Espérance jetait vingt mille livres de poudre sur les côtes bretonnes,—une émotion profonde semblait s'être emparée de la vieille Phocée.

Le préfet des Bouches-du-Rhône était prévenu.

Il savait qu'une insurrection légitimiste se préparait, et il avait mis sur pied les deux régiments de ligne, l'escadron de gendarmerie et les agents de police.

On ne précisait rien, mais on sentait vaguement que les royalistes allaient jouer une importante partie.

De huit heures à dix heures du soir, un calme complet régna dans la cité. On eût dit que Marseille s'apprêtait à s'endormir comme d'habitude, accroupie dans la Méditerranée.

Tout à coup, à onze heures, dix hommes du peuple, ou paraissant tels, arrivèrent devant l'église Saint-Laurent.

Ces hommes portaient leur fusil en bandoulière: à la ceinture était attachée une poudrière pleine de cartouches.

Celui qui paraissait être le chef s'avança de quelques pas sur ses camarades et frappa à la porte de l'église.