Puis, la princesse voulait se faire précéder de ses ordres en Vendée et en Bretagne. Elle resta donc chez le marquis de Dampierre.

Son premier mot à M. de Bonnechose avait été:

—Où est le maréchal?

M. de Bonnechose l'ignorait, et tous l'ignoraient encore. M. de Bourmont se tenait, avec raison, caché dans quelque retraite. Mais Madame devinait que sa présence était indispensable.

En effet, M. de Bourmont pouvait seul empêcher de se reproduire le fait désastreux qui avait tant nui à la première guerre de Vendée.

Les chefs de 1794, comme ceux de 1832, étant tous égaux entre eux, celui qui obtenait le commandement en chef blessait, par cela même, la susceptibilité des autres. Hélas! même dans le dévouement, il y a des côtés humains, donc des petitesses. Or, le maréchal, par son nom, par son grade, par l'éclat des services rendus, était plus qu'un autre l'homme désigné pour être généralissime. Tous accepteraient avec joie pour premier un maréchal de France.

Ensuite, Madame envoya aux principaux chefs la lettre suivante:

«Que mes amis se rassurent: je suis en France. Bientôt, je serai en Vendée. C'est de là que vous parviendront mes ordres définitifs; vous les recevrez avant le 25 de ce mois. Préparez-vous donc. Il n'y a qu'une méprise dans le Midi. Je suis satisfaite de ses dispositions, il tiendra ses promesses. Mes fidèles provinces de l'Ouest ne manquent jamais aux leurs. Dans peu, toute la France sera appelée à reprendre son ancienne dignité et à retrouver son ancien bonheur.

M-C. R.

15 mai 1832.»