Berryer et le comité de Paris étaient entièrement opposés à une action par les armes, action que les hommes énergiques, et réellement dévoués du parti, réclamaient et espéraient.

M. Saincaize, M. de Breulh, M. Hyde de Neuville, M. de Chateaubriand lui-même, ne se rendaient pas bien compte de la situation, et craignaient de se jeter dans ce qu'ils appelaient une «aventure.»

Berryer usa donc de son influence, influence doublée encore de son éloquence personnelle et de l'avis de ses collègues, pour combattre le projet de Madame.

La conférence dura une partie de la nuit.

La princesse refusait au nom de son fils, au nom de son devoir, au nom de la mission sacrée qu'elle avait reçue, et qu'elle devait accomplir.

A cinq heures du matin, Berryer l'emportait.

Madame était vaincue. Elle pouvait résister, refuser, quand on lui parlait des dangers qu'elle courait…

Mais Berryer mit en œuvre des raisons qu'une âme élevée et forte comme celle de la princesse devait écouter avec émotion. Il lui parla de son fils, dont elle pouvait compromettre la couronne dans une insurrection; puis de ceux qu'elle ferait orphelins, de celles qu'elle ferait veuves.

Madame céda…

Elle écrivit une lettre qui suspendait les préparatifs faits pour le 24 mai.