Ce fut une faute et une grande faute!
A qui doit en incomber la responsabilité?
A Berryer d'abord, aux royalistes de Paris et un peu à Madame.
Ce fut la seule. Elle manqua de promptitude dans la décision, la force de la volonté et la rapidité dans l'exécution étant un des traits distinctifs de cette puissante nature.
Dès que Berryer eut reçu des mains de Madame la lettre qui donnait contre-ordre, il s'éloigna rapidement pour rentrer à Nantes.
La princesse renonçant à soulever la Bretagne et la Vendée, devait naturellement quitter la France, où sa présence devenait non-seulement inutile, mais encore dangereuse.
Elle comptait rejoindre à grande vitesse Nantes, dans une maison isolée, prendre là un passeport sous un nom supposé, qui l'y attendait, et sortir de France.
Mais Berryer ne devait pas voir arriver la princesse.
Dès que le fatal conseiller eut disparu, Madame se rappela la mission qu'elle avait reçue: mission sainte, qu'elle tenait de Dieu encore plus que des hommes, parce que Dieu seul donne aux rois l'hérédité de leurs droits.
Elle se rappela tout ce qui s'était fait déjà, tout ce qui se ferait encore, sans doute.