Peut-être revit-elle les ombres héroïques de Charette, de Lescure et de la Rochejacquelein venir l'adjurer, au nom de leur mort, de continuer l'œuvre qu'elle avait commencée…

Elle prit la plume, et, au lieu de partir, envoya à Berryer une lettre où elle lui annonçait que, au lieu d'éclater le 24 mai, la guerre commencerait du 3 au 4 juin.

En effet, le 25, M. de Bourmont reçut la lettre suivante:

«Ayant pris la ferme résolution de ne pas quitter les provinces de l'Ouest, et de me confier à leur fidélité si longtemps éprouvée, je compte sur vous, mon cher maréchal, pour prendre toutes les mesures nécessaires à la prise d'armes qui aura lieu dans la nuit du 3 au 4 juin. J'appelle à moi tous les gens de courage. Dieu nous aidera à sauver la patrie!

Aucun danger, aucune fatigue ne me découragera. On me verra toujours aux premiers rassemblements.

Vendée, 25 mai 1832.»

Le lecteur comprend maintenant combien avait été funeste le conseil de
Berryer.

La plupart des chefs ayant fait leurs préparatifs pour le 24 mai, reçurent heureusement le contre-ordre qui remettait la levée de boucliers au 4 juin. Mais quelques-uns de ceux d'en deçà de la Loire ne purent être prévenus, ce qui amena des soulèvements partiels facilement écrasés.

Or, à cette date du 25 mai où nous sommes parvenus, une dizaine de chefs avaient reçu des ordres pour attendre.

Nous savons que Jean de Kardigân et Henry de Puiseux attendaient, eux, avec leurs hommes, dans les bois de Machecoul.