A l'ordre du général Dermoncourt, deux chasseurs à cheval s'élancèrent.
Avant que Gouësnon ait pu se défendre, il était jeté à bas de la charrette et conduit au milieu d'un groupe de soldats.
Le paysan ne dit pas un mot. Il se contenta de jeter un coup d'œil à
Pinson, coup d'œil énergique, qui contenait un monde de paroles.
Pinson-Fernande feignit de n'avoir rien vu. Mais se tournant vers le général Dermoncourt:
—Comment, général, vous arrêtez mon ami Gouësnon?
—Tais-toi, blanc-bec! Et toi, le vieux, avance à l'ordre. Dis-moi, te rappelles-tu le capitaine républicain commandant l'escouade qui prit Charette?
—Oui, répondit Gouësnon d'une voix grave et sombre.
—L'as-tu reconnu?
Le paysan darda sur l'officier son regard farouche:
—Oui…