Philippe s'était agenouillé.

—Me permettez-vous d'assister au convoi de nos pauvres morts, mon père?

—Non!

—Oui… ils sont les victimes des miens.

—Je pardonne, parce que vous n'êtes plus rien pour moi. J'accepte ce que vous m'avez offert. Vous quitterez votre nom. Les Kardigân ont toujours été fidèles!

Il fit de nouveau quelques pas vers la porte.

—Si je mourais, mon père, vous ne me laisseriez pas m'en aller sans un dernier adieu! Puisque je suis mort pour vous… que l'adieu soit le même!

Le marquis regarda ce jeune visage, où les larmes avaient creusé leur sillon.

Il eut pitié…

Lentement, d'un geste noble et triste, il tendit sa main à Philippe, qui l'embrassa à plusieurs reprises.